Appliquer les recommandations de bonnes pratiques pour nos patients

Avec la mise en œuvre de l’article 58 LAMal, les lignes directrices sont désormais officiellement considérées comme un indicateur de qualité. Leur mise en œuvre doit être relevée, documentée et publiée à la fois par les cabinets ambulatoires et les institutions. À quoi faut-il faire attention ? Nous avons élaboré un document de référence et résumons ici les points les plus importants.  

Laurence Mundinger, présidente de la Commission qualité 

Au cours des deux dernières années, notre commission qualité a développé une nouvelle mesure qualité : l’implémentation des directives dans la pratique clinique. Ce travail a été présenté lors de l’Assemblée des délégués en juin 2025 ; le document de base correspondant a été adopté par les délégués. 

Nous en résumons ci-dessous les points principaux. Le document complet et détaillé est disponible sur notre site internet sous la rubrique « Qualité ». Ce document ainsi que les recommandations mises à disposition sont régulièrement actualisés. 

En tant que société de discipline, notre objectif est de développer un indicateur de qualité solide en mettant à disposition de nos membres des directives claires et pertinentes. Pour les cabinets médicaux, cela implique notamment : 

  • la participation à des formations continues (par exemple dans le cadre de congrès), 
  • l’obtention d’attestations de supervision ainsi que l’engagement dans des cercles de qualité où ces sujets sont abordés et discutés. 

Important : Les directives ne remplacent pas le jugement clinique. Elles constituent un instrument structuré d’assurance qualité, compatible avec une pratique individualisée. Il ne s’agit pas de standardiser les patientes et les patients, mais d’élever le niveau d’argumentation, la cohérence et la transparence des décisions thérapeutiques. 

1. Que sont les directives et lesquelles font référence pour nous ? 

Les directives sont des recommandations élaborées de manière systématique, destinées à soutenir les professionnel·le·s de santé dans les décisions diagnostiques et thérapeutiques dans des situations cliniques spécifiques. Elles reposent sur les connaissances scientifiques actuelles, intègrent l’expertise clinique, sont élaborées selon un processus transparent et consensuel, et sont régulièrement révisées. 

Plusieurs institutions publient des directives méthodologiquement très exigeantes, associant une revue systématique de la littérature à un consensus structuré d’experts. Il s’agit notamment de : 

  • AWMF (Allemagne) 
  • NICE (Royaume-Uni) 
  • Haute Autorité de Santé – HAS (France) 
  • Canadian Psychiatric Association (Canada) 

En Suisse, il existe également des recommandations ; toutefois, elles ne répondent pas toujours aux standards méthodologiques internationaux stricts. 

2. Quels sont les avantages des directives ? 

Pour les patientes et les patients : 

  • Les traitements sont fondés sur les preuves scientifiques 
  • Le risque d’erreurs est réduit 
  • Une plus grande cohérence dans la prise en charge 

Pour les professionnel·le·s : 

  • Aide importante à la décision 
  • Harmonisation des pratiques 
  • Instrument de formation initiale et continue 
  • Facilitation de la communication avec les assurances (justification documentée). 

3. Existe-t-il un risque que les directives restreignent la liberté clinique ? 

Non. Elles constituent un cadre d’orientation et non une « recette » à appliquer mécaniquement. 

Le ou la médecin : 

  • reste responsable des décisions, 
  • peut s’écarter des recommandations si la situation l’exige, 
  • doit pouvoir justifier sa prise de décision clinique. 

La qualité ne consiste pas en une application aveugle des recommandations, mais dans la capacité à justifier professionnellement les décisions – qu’elles soient conformes aux directives ou non. 

4. Comment gérer le multilinguisme ? 

Le multilinguisme de la Suisse représente un défi particulier dans l’application des directives. Un consensus national et une harmonisation seraient idéaux, mais difficiles à mettre en œuvre. L’adoption de directives dans une langue nationale et leur traduction dans une autre n’est pas possible, car les directives sont protégées par le droit d’auteur et ne peuvent pas être traduites. 

Nous avons donc opté pour l’utilisation de différentes références selon les régions linguistiques et provenant de différents pays (NICE, HAS, AWMF). Fait intéressant, cette approche a également été choisie par des sociétés proches (Société suisse de pédiatrie, Société suisse de psychiatrie et psychothérapie). 

5. Quelles sont les premières étapes ? 

  • Dans un premier temps, nous nous concentrons, en matière de directives, sur des thèmes cliniques centraux : TDAH, autisme, suicidalité, dépression, troubles anxieux, troubles du comportement alimentaire, troubles obsessionnels-compulsifs. 
  • Les directives seront intégrées dans la formation postgraduée, les cercles de qualité et les supervisions. 

Les directives comme indicateur de qualité

Depuis plus de 20 ans, les directives (guidelines ou recommandations de pratique) structurent la pratique clinique en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. Elles visent à garantir une prise en charge fondée sur les preuves tout en tenant compte de l’unicité de chaque situation clinique. 

Ce qui, jusqu’à présent, allait de soi pour de nombreux médecins doit désormais être démontré dans le cadre de la mise en œuvre obligatoire de l’art. 58 LAMal (qualité et économicité) et publié chaque année dans les rapports qualité des sociétés de discipline médicale. En effet, la SGKJPP a défini, aux côtés de la supervision et des cercles de qualité, l’application des directives comme indicateur de qualité (au moins trois indicateurs de ce type sont requis, chacun pouvant être déterminé par les sociétés de discipline médicale). 

Les directives relatives au diagnostic et au traitement des troubles psychiques constituent ainsi une mesure d’amélioration de la qualité officiellement reconnue (MAQ). La SGKJPP sensibilisera et informera régulièrement ses membres afin de faciliter l’utilisation des directives dans le travail quotidien, tant dans le secteur ambulatoire que dans les institutions de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. 

.hausformat | Webdesign, Typo3, 3D Animation, Video, Game, Print